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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 08:47

Renards, fouines, martres, belettes, putois, corbeaux freux, corneilles noires, geais, pies bavardes, pigeons ramiers… Ils sont 12 mammifères et 6 oiseaux à être classés «nuisibles» en France. Ce sordide classement autorise les chasseurs, éleveurs, agriculteurs, pêcheurs à détruire ces animaux toute l’année et sans quota. Les méthodes utilisées sont : le tir, le piégeage, le déterrage, le gazage, l'empoisonnement.... un véritable MASSACRE.

Pour justifier le classement des espèces nuisibles, les chasseurs expliquent notamment que ces animaux commettent des dégâts sur les activités agricoles, d’élevage ou sur la faune et la flore sauvages. Mais en réalité Ils reprochent aux « nuisibles » d’exercer une prédation sur le gibier d’élevage destiné à la chasse, animaux inadaptés à la vie sauvage (faisans, perdrix, lapereaux…)

Le classement « nuisibles » de certaines espèces animales a de graves conséquences, sur les populations de ces espèces, mais aussi sur leur milieu. D’innombrables données scientifiques ont clairement établi que la plupart de ces animaux très utiles pour l’équilibre des écosystèmes : Les belettes et les renards régulent les populations de rongeurs, le geai participe à la plantation des chênes, le corbeau freux limite les populations de vers blancs dans les champs cultivés…

Chaque année, en France, des millions d’animaux sauvages sont tués, tirés, piégés, empoisonnés … Considérés comme « nuisibles », ils sont inscrits sur une liste noire autorisant leur destruction systématique. C’est ainsi que renards, fouines, corneilles, pies, martres, belettes… sont persécutés toute l’année en toute légalité ! La notion administrative de « nuisibles », qui ne signifie rien pour les biologistes, autorise une régulation drastique de ces animaux, toute l’année et sans qu’aucun quota ne soit précisé.

ASPAS : Association pour la Protection des Animaux Sauvages

L 'Arrêté du 30 septembre 1988 fixe la liste des animaux « susceptibles d’être classés nuisibles » sur avis du Conseil National de la Chasse et de la Faune Sauvage, consortium composé par souci démocratique (!), d’une majorité de chasseurs. C’est en fonction de cette liste nationale que chaque Préfet choisit, chaque année, les espèces qu’il livrera à la merci des gourdins et fusils de son département.

Nous vous proposons de découvrir ces animaux qui dérangent......

LES MAMMIFÈRES :

Le Lapin de garenne (Gryctolagus cuniculus) est un habitant des petits bois, des lisières de forêts et des talus arborés. Il y creuse ses terriers, les garennes, qu'il habite en famille et dont il ne s'éloigne guère, tout au plus de 600 mètres. Cette habitude casanière peut conduire à d'importantes concentrations de population et ainsi, à des difficultés pour le maintien des talus ou à des dégâts aux cultures. En effet, le lapin est friand de jeunes pousses de blé et de tournesol.

Si le lapin de garenne est localement considéré comme envahissant en raison de sa densité de population ou plutôt des dégâts qu'il peut faire sur l'agriculture et la sylviculture, il a pourtant fortement régressé ou même disparu d'une vaste partie de son aire ancienne de répartition, ce pourquoi l'UICN l'a en 2007 considéré comme près de la limite au-delà de laquelle il serait à inclure dans les espèces menacées. Les populations du lapin de garenne ont régressé à cause de la dégradation et fragmentation de leur habitat, de la chasse, de la myxomatose et de virus hémorragiques ou d'autres maladies. La mortalité routière est également une cause de régression de populations.

La disparition locale du lapin de garenne pose divers problèmes écologiques :

  • ils ne mangent plus la strate herbacée qui se développe en évapotranspirant plus et en produisant des milieux secs en été, sensibles aux incendies ;
  • les grands prédateurs (loups, lynx, grands rapaces) souffrent d'un manque de proies, ce qui met en péril des espèces très menacées telles que le lynx ibérique ou l'aigle impérial.
  • ils ne creusent plus de terriers qui contribuent à remobiliser la banque de graines du sol et sont souvent utilisés par d'autres espèces.
Lapin de garenne (Gryctolagus cuniculus).

Lapin de garenne (Gryctolagus cuniculus).

Le Rat musqué (Ondatra zibethica) est un rongeur originaire d’Amérique du Nord. Il a été introduit en 1905 en Tchécoslovaquie, puis en France pour la production de fourrure en élevage. Faute d’une mauvaise reproduction en captivité, l’élevage a été arrêté et des individus ont été relâchés. N’ayant que très peu de prédateur, l’espèce a rapidement proliféré jusqu’à coloniser l’ensemble du territoire.

La lutte contre le rat musqué est une nécessité dans certains départements du fait de l’ampleur des dégâts et des risques susceptibles d’être causés par ces rongeurs notamment en matière d’ouvrages hydrauliques, routiers ou ferrés, de santé humaine ou animale (leptospirose), de production agricole ou d’inondations.

Espèce introduite, le rat musqué n’a donc que très peu de prédateurs naturels (le renard, mais surtout le putois). L’homme est le seul capable de limiter ces populations.

Rat musqué (Ondatra zibethica)

Rat musqué (Ondatra zibethica)

Le Ragondin (Myocastor coypus), originaire d’Amérique du Sud,  a été introduit en France dès la fin du XIXème siècle pour l'exploitation de sa fourrure bon marché. Tous les individus présents en France proviennent d'évasions ou de lâchés volontaires.

Le ragondin est reconnaissable à ses quatre grandes incisives orange, comme chez les castors, mais tirant plus sur le rouge.

En tant qu’espèce exotique, il présente un risque de perturbation pour les écosystèmes aquatiques, il fragilise les berges et fait des dégâts sur les cultures. Il est classé nuisible et peut, à ce titre, être piégé de façon sélective, la lutte chimique étant délaissée pour ses effets néfastes sur les autres espèces. À l’inverse, lorsque sa densité n'est pas trop importante, cette espèce joue un rôle positif dans l’entretien de la végétation des marais (roseaux, lentilles d’eau)

Dans leur environnement d'origine, les populations de ragondins sont régulées naturellement par leurs prédateurs, comme le caïman, l'Alligator et le puma. Dans les pays où il a été introduit, le ragondin n'a aucun prédateur naturel, tout du moins à l'état adulte. Les jeunes ragondins sont parfois les proies de mammifères prédateurs comme la fouine, ou des oiseaux comme le busard des roseaux, la buse variable et la chouette effraie.

Le saviez vous ?

Le ragondin, très -trop- commun en France, est en régression sur son aire de répartition d’origine.

Ragondin (Myocastor coypus)

Ragondin (Myocastor coypus)

DEUX HÔTES INDÉSIRABLES : LE RAGONDIN et LE RAT MUSQUE

Le Renard (Vulpes vulpes) est un véritable opportuniste qui arrive à s’adapter rapidement à son environnement. Malheureusement, le renard roux a une mauvaise réputation. Voleur de poules, tueur de bétails, vecteur de parasites ou de maladies comme la rage, il est aujourd’hui encore considéré comme nuisible dans certaines régions de France métropolitaine. Sa chasse y est d’ailleurs autorisée toute l’année. Battues administratives, tir de nuit, piégeage, enfumage, déterrage… au total, entre 600 000 et un million renards sont victimes de la chasse chaque année en France. Cette destruction organisée, sans aucun quota, s’apparente à un véritable massacre aussi impitoyable qu’injustifié ! Pourtant, le renard roux est un allié précieux des agriculteurs, car ce sont de redoutables chasseurs de campagnols. Un individu peut en dévorer jusqu’à 5 ou 6 000 par an !

Bien qu’il soit utile à l’agriculture, le renard ne cesse d’être persécuté sous couvert d’une prétendue « régulation ». Or, une quelconque limitation des effectifs implique tout d’abord la connaissance de l’état réel de la population vulpins, ce qui n’est pas le cas. Le renard joue un rôle irremplaçable dans la chaîne alimentaire. Prédateur de petits rongeurs, il évite leur prolifération. Volontiers charognard, il participe à l’élimination des animaux malades et des cadavres, évitant ainsi la propagation des épidémies. Il exerce une sélection naturelle sans porter préjudice à son environnement.

De plus, la régulation des renards n'a pas lieu d'être. Les scientifiques ont prouvé que ces animaux sont munis de mécanismes d'autorégulation. C'est le nombre de proies qui détermine le nombre de prédateurs. Les prédateurs ne sont jamais trop nombreux. La nature est maitresse, elle sait ce qu'elle fait.

Renard (Vulpes vulpes)

Renard (Vulpes vulpes)

Le Raton laveur (Procyon loto) , originaire d’Amérique, a été réintroduit en Europe dans les années 30 en URSS et en Allemagne pour sa fourrure, dans des fermes d’élevage et pour ajouter à la faune des forêts une espèce disparue depuis plusieurs siècles en Europe.

Parfaitement acclimaté et en l’absence de prédateurs, il a proliféré depuis. Aujourd’hui, on compte environ 100 000 ratons laveurs en Europe. L’espèce est présente au Luxembourg, en Allemagne, aux Pays-Bas, en France (Aisne où il aurait été introduit par des soldats américains), en Suisse, en Pologne et en Belgique.

Omnivore, le raton laveur a un régime alimentaire varié mais préfère néanmoins les invertébrés, les insectes, les vers et les larves. Étant protégé des piqûres par son épaisse fourrure, il s’attaque aussi aux nids d’insectes. Il mange de petits animaux aquatiques : palourdes d’eau douce, moules, écrevisses, poissons, grenouilles, tortues, amphibiens et huîtres. Il s’alimente aussi de petits mammifères (rats musqués, mulots). Il peut aussi s'attaquer aux poules. En été et en automne, il privilégie le maïs, les fruits, les baies, les glands et les noix. Dans les villes, il fouille dans les poubelles qu’il ouvre aisément avec ses doigts agiles. Il lui arrive de manger des charognes.

Aujourd’hui, il est considéré comme une menace pour la biodiversité et a été classé par le Conseil de l’Europe comme espèce invasive dont l’éradication est conseillée en raison de son impact sur la faune locale.

Raton laveur (Procyon lotor)

Raton laveur (Procyon lotor)

Raton laveur et chien viverrin : le point sur leur répartition en France

Le Putois (Mustela putorius) est un des rares prédateurs à s’attaquer au rat musqué (dont la taille est comparable à celle du lapin de garenne), mais aussi au surmulot. Ses proies principales figurent sur la liste des espèces classées “nuisibles” par arrêté préfectoral (France) et cela lui confère donc un rôle positif. Toutefois ceci mérite d'être nuancé, car l'espèce est aussi prédatrice du Campagnol amphibie, une espèce vulnérable au niveau mondial (UICN 2008). Lorsque le putois ne dispose pas de proies plus grandes à se mettre sous la dent, on estime à un millier le nombre de petits rongeurs détruits chaque année par ce prédateur. D'ailleurs, depuis une vingtaine d'années, plusieurs pays européens protègent l'ensemble des mustélidés, à l'exception parfois de la fouine qui cause des ravages dans les poulaillers et les pigeonniers mal protégés.

Putois (Mustela putorius)

Putois (Mustela putorius)

Le Vison d'Amérique (Musela vison) a été introduit en France pour l’exploitation de sa fourrure. Le développement et le déclin des visonnières au cours des années 1980 s’accompagnèrent de la libération plus ou moins volontaire de nombreux visons dans la nature.

Le Vison d’Amérique est un prédateur vorace qui capture des proies au delà de ses besoins. Il s’attaque ainsi aux oiseaux nichant au sol, aux oiseaux marins, aux populations de salmonidés dans certains systèmes fluviaux, au Campagnol amphibie. Certaines espèces indigènes peuvent être menacées suite à une compétition pour la nourriture et les habitats. Ainsi, le Vison d’Europe (espèce déjà menacée d’extinction) est chassé de son territoire par son cousin d’Amérique, les deux espèces occupant une même niche écologique. Les populations de putois semblent elles aussi affectées par la présence du Vison d’Amérique.

Vison d'Amérique (Musela vison)

Vison d'Amérique (Musela vison)

La Fouine (martes foins) est un animal au pelage brun avec une bavette blanche sur la gorge et la poitrine. La fouine aime vivre à proximité des habitations humaines ou sous le toit des maisons. Par sa présence et son activité nocturne, elle peut déranger les habitants soit en rongeant ou en déchiquetant des matériaux isolants (gaines de câbles, isolation thermique...), soit par les cris ou cavalcades en période de rut, soit par les odeurs des déjections ou des charognes qu'elle laisse derrière elle. Elle peut aussi s'attaquer aux petits animaux d'élevage, notamment aux poulaillers, et les chasseurs lui reprochent également de tuer les mêmes proies qu'eux, ils cherchent donc à en limiter le nombre.

Comme elle est facétieuse, elle aime s'attaquer aux circuits électriques des maisons et des voitures, ainsi qu'à l'isolation (polystyrène et laine de verre). Cela n'arrange pas sa réputation de "puant" et son classement dans les animaux "nuisibles", malgré les services qu'elle rend par ailleurs en régulant les populations de rongeurs. Elle était pourtant, à l’époque de la Rome antique, élevée pour capturer les souris et dératiser les habitations. Mais il est vrai qu'à cette époque le chat n'était pas là.

Fouine (martes foins) Bohus Cicel (http://www.flickr.com/photos/bcicel/)

Fouine (martes foins) Bohus Cicel (http://www.flickr.com/photos/bcicel/)

Le Chien viverrin (nyctereutes procyonoides) est un mammifère carnivore de la famille des canidés. A l’état naturel, l’espèce est originaire d’Extrême Orient. Elle serait issue initialement du continent américain, d’où elle a disparu, et aurait gagné l’Asie à l’époque glaciaire. 

Le chien viverrin est un prédateur généraliste et opportuniste. Il se nourrit de rongeurs, batraciens, insectes, poissons, oeufs, oiseaux et charognes, mais aussi d’aliments d’origine végétale : baies, fruits, champignons, châtaignes, glands ou céréales en lait. Il entre en compétition avec le renard (il peut même squatter le terrier et attaque les renardeaux), et il n’a pas de prédateur. Cela crée un déséquilibre écologique

En France, les observations de chiens viverrins restent encore marginales et ne laissent pas présager une installation durable avec une population importante. Observés sur le territoire depuis les années 1970, particulièrement en Alsace et en Lorraine, et bien que les conditions naturelles leur soient plutôt favorables, les effectifs de ces animaux ont peu progressé en 30 ans en France.

Chien viverrin (nyctereutes procyonoides)

Chien viverrin (nyctereutes procyonoides)

La Martre (Martes martes) est un petit prédateur carnivore qui se nourrit essentiellement de petits mammifères, d'oiseaux, d'insectes. Elle consomme aussi des fruits sauvages (églantier, fraise, framboise, etc.) ou parfois cultivés (cerise, pomme, etc.). Les mammifères sont consommés en toutes saisons. Les petits rongeurs constituent jusqu'à 80 % du nombre total de mammifères consommés. Il s'agit principalement de campagnols (campagnols roussâtres, campagnols terrestres, campagnols agrestes), de mulots et de musaraignes. De façon plus accessoire, la martre peut également se nourrir de lapins de garenne, de lièvres, d'écureuils et même de chauve-souris. Les oiseaux et leurs œufs forment un appoint important au printemps et en été, surtout si les rongeurs viennent à être moins abondants. À noter que la martre, en raison de son habitat forestier, ne s'attaque pas aux poulaillers.

 

Martre (Martes martes)

Martre (Martes martes)

Critères de distinction entre la Fouine et la Martre

La Belette (Mustela nivalis) est le plus petit carnivore d’Europe avec une moyenne de 20 cm de longueur pour un poids de 60 à 100 grammes.

La belette consomme principalement de petits rongeurs (campagnols, mulots). Il peut aussi lui arriver de s’attaquer aux nids d’oiseaux qu’elle pille en grimpant aux arbres. Les lapereaux, les amphibiens et les reptiles peuvent constituer des proies ponctuelles. Contrairement aux croyances qui lui valent la réputation d’être un tueuse de poules et par là ,même d’être chassée par l’homme, la belette peut être l’alliée de l’agriculteur car elle consomme une grande quantité de rongeurs qui sans sa prédation prolifèreraient exagérément. Son physique est idéalement adapté pour poursuivre les rongeurs jusque dans leurs terriers et galeries. Ses courtes pattes, son corps svelte et sa tête étroite lui permettent de se glisser dans les crevasses et fissures les plus étroites, interdisant tout refuge à ses proies. Celles-ci sont tuées d'une morsure dans la région occipitale qui disloque les vertèbres cervicales. La belette peut tuer des proies bien plus grosses qu'elle, comme les lapins, par strangulation et perte sanguine, conduisant à un arrêt cardiaque. En période d'abondance, il est fréquent que la belette ne consomme qu'une partie des proies tuées.

En France, la belette est toujours sur la liste des animaux classés nuisibles (malgré un court retrait en 2008), et ce malgré son rôle démontré dans la régulation des populations de rongeurs.

Belette (Mustela nivalis) Photo Keven Law Sources Wikipédia

Belette (Mustela nivalis) Photo Keven Law Sources Wikipédia

Le Sanglier (sus scrofa) est un mammifère omnivore, forestier, proche du porc.

En France, le sanglier est classé nuisible ou gibier selon les années. Il est surtout rendu responsable de nombreux dégâts dans les cultures, notamment par son habitude à retourner la terre avec son groin : pour les cultures et jardins, tout peut être dévasté, surtout lorsqu’ils sont nombreux.

Depuis 10 ans, la progression annuelle des tableaux de chasse est constante. Pour les gestionnaires de la chasse, l’espèce serait donc en accroissement. Cependant, il est à noter que les effectifs ont surtout augmenté de par l’agrainage, pratique réalisée par les chasseurs dans le but d’augmenter artificiellement les effectifs, ce qui a entraîné une surpopulation et des dégâts importants.

Il est évident que sans la chasse, nos forêts seraient envahies par les sangliers. Une régulation des populations est donc nécessaire. Cependant, il serait essentiel que l’on pratique, comme en Suisse, certaines restrictions. Le tir des marcassins et des laies suitées devrait être interdit. La déforestation est une des causes de l’intérêt des sangliers pour les cultures. La seule solution efficace est la pose de clôtures électriques. Les indemnisations pourraient être allouées à cette pose dont l’efficacité est prouvée. C’est l’homme qui suscite ce comportement nuisible.

Le sanglier est un animal utile : Si les agriculteurs ont de bonnes raisons de se plaindre des sangliers, il faut souligner que son régime alimentaire est bénéfique pour l’écologie des forêts. Il aère la terre en extirpant bulbes et racines, et favorise de nouvelles pousses par l’enfouissage de graines et des fruits au hasard de ses repas.

De même, certains conifères sont fortement parasités par des insectes xylophages. C’est le cas des chenilles processionnaires qui peuvent ravager une forêt entière. On a calculé qu’un seul sanglier peut nettoyer de ses parasites 100 m² de sol par jour. Enfin, les sangliers régulent les populations de rongeurs.

Sanglier (sus scrofa)

Sanglier (sus scrofa)

LES OISEAUX :

Le Corbeau freux (Corvus frugilegus) est un des plus gros des passereaux. Son plumage est entièrement noir. La confusion avec la Corneille noire est toujours possible mais deux critères permettent une identification indiscutable : chez le freux adulte, le bec est droit et laisse apparaître la peau blanchâtre à la base.

lls cherchent dans les champs où ils volent les semences d'automne. Ils compensent toutefois largement les dégâts occasionnés aux cultures en consommant des insectes au stade quiescent, des vers de terre ainsi que des campagnols.

Sa prédilection pour les graines perdues, après la moisson ou en germination d’automne, fait que les agriculteurs le qualifient volontiers de nuisible, même si le corbeau freux n’hésite pas à ajouter à ce menu quelques petits rongeurs préjudiciables aux récoltes et, même, parfois des charognes. Par ailleurs, son opportunisme alimentaire fait qu’il n’hésite pas à fréquenter les décharges ou à faire les poubelles…

Corbeau freux (Corvus frugilegus)

Corbeau freux (Corvus frugilegus)

La Corneille noire (Corvus corone) possède une robe noire brillante, des pattes noires, un bec gris foncé à noir, trapu et effilé, qui la différencient de ses cousins plus grands et beaucoup plus rares, le corbeau freux ou le grand corbeau.

La corneille cause des dégâts : consommation de graines et de jeunes plants dans les cultures, prédation dans les élevages en plein air (volailles, gibier). Mais la perception de ces dégâts est supérieure à la réalité. En fait, le principal défaut de la Corneille noire a été de s'adapter remarquablement aux diverses activités humaines, et d'en tirer le meilleur parti possible !

Corneille noire (Corvus corone)

Corneille noire (Corvus corone)

La Pie bavarde (Pica pica) est un oiseau noir et blanc à longue queue. Ceux qui tirent et piègent les pies, incriminent leur prédation sur les jeunes du petit gibier, oiseaux et mammifères. Même les amoureux de la nature lui reprochent de piller les nids de passereaux. Pourtant, toutes les études démontrent que la pie se nourrit à 94% d'invertébrés dont 86 % d'insectes. Omnivore, elle enrichit ce menu par des fruits, des graines, des petits rongeurs et divers déchets organiques d'origine humaine. A l'occasion, elle ne dédaigne pas les charognes. Par ailleurs, plusieurs travaux sérieux menés en Angleterre et en Allemagne, montrent qu'il n'y a pas de corrélation entre la densité des petits passereaux et celle de la pie bavarde. Les pies ne représentent pas une menace réelle pour les effectifs des autres oiseaux.

Pie bavarde (Pica pica)

Pie bavarde (Pica pica)

L'Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaires) est un oiseau de taille moyenne, il a un bec conique, long, fin, pointu et un plumage tacheté. Les plumes noirâtres ont des reflets métalliques, bleus, verts et violet. C'est l'une des quelques espèces qui semble bien s'adapter au contexte urbain. Ses populations urbaines et périurbaines se sont récemment densifiées, au point de le faire considérer localement comme espèce envahissante.

En ville, leurs déjections peuvent abîmer les monuments situés sous leurs dortoirs ou leurs lieux de station. Souvent, aux périodes de migration, il arrive que plusieurs centaines d'étourneaux se posent sur un seul arbre, et en laissent tomber des fientes en quantité impressionnante, à même de combler le pare-brise d'une voiture ou de détériorer tout autre objet se trouvant en dessous. Le bruit qu'ils produisent, lorsqu'ils sont en nombre, peut aussi être fort gênant la nuit quand leurs dortoirs sont à proximité d'habitations humaines.

Par la puissance du nombre, ils sont capables aussi de causer d'importants dégâts aux récoltes dans les champs, les cultures maraîchères et les vergers.

Etourneau sansonnet (Sturnus vulgaris)

Etourneau sansonnet (Sturnus vulgaris)

Le Geai des chênes (Garrulus glandais) est le plus petit des corvidés d'Europe ; c'est aussi le plus coloré, le plus remuant et le plus criard.

Son nom latin rappelle combien il apprécie les glands qu'il cache l'automne pour l'hiver, et qui représentent près de 50% de son alimentation. Ainsi, le geai des chênes est le meilleur propagateur des chênes et hêtres. Il est estimé que chaque geai des chênes disperse plus d'un millier de glands chaque année. Il mange une partie d'entre eux et en oubli une autre qui pourra germer et croître.

Même s'il se montre très friand de glands, le geai des chênes est un omnivore, comme beaucoup d'autres corvidés. Son alimentation varie selon la saison.

Le développement de la culture du maïs apporte une source de nourriture non négligeable au geai et on peut lui attribuer certain dégâts dans les champs proches des forêts. Cependant Il ne devrait pas réellement être considéré comme nuisible car ses prélèvements sont limités et localisés.

Il est à noter que le Geai des chênes est une espèce protégée en Belgique à l'instar des 96 % de l'avifaune et des 100 % des Corvidés (8 espèces).

 Geai des chênes (Garrulus glandarius)

Geai des chênes (Garrulus glandarius)

Oiseau typiquement forestier le geai des chênes entretient des relations privilégiées avec le chêne. L'arbre fourni la nourriture à l'oiseau qui, en retour, assure sa régénération sur plusieurs kilomètres. Lorsque l'espèce est protégée, l'impact sur les régénérations naturelles est énorme.

Le Pigeon ramier (Colomba palumbus) est le pigeon le plus connu et le plus grand de France. Il est appelé aussi Palombe. Cette espèce appartient à la famille des colombidés. On peut le trouver dans les forêts ainsi bien que dans les espaces ruraux.

Le régime alimentaire du pigeon ramier est basé essentiellement sur la consommation des végétaux.Selon les agriculteurs, le pigeon ramier provoquerait des dégâts très importants dans les parcelles de pois, légumes, cultures maraîchères et céréales malgré les dispositifs d'effarouchement.

  • Le classement du ramier en nuisible est injustifié. Les dégâts ne sont pas pleinement avérés et officiellement constatés et leur montant est infime comparé aux dégâts du grand gibier.
  • La destruction des ramiers est injustifiée et provoque des massacres au printemps (de mars à juin) alors que l’espèce est en pleine reproduction : pour un ramier tué, c’est toute une couvée qui est massacrée ;
  • Le tir de destruction ne devant légalement s’opérer qu’au vol (rarement respecté…), on ne voit pas comment alors le ramier pourrait faire des dégâts ! Sans compter que le tireur-destructeur fait plus de dégâts aux plantations en allant se poster ou récupérer les oiseaux tués que le ramier lui-même ;
  • Des tirs aveugles sont réalisés pendant cette destruction tant sur ramiers (seul nuisible autorisé pendant cette période) que sur pigeons de cour ou autres.
Pigeon ramier (Colomba palumbus)

Pigeon ramier (Colomba palumbus)

Le silence du coeur t'est nécessaire afin d'entendre Dieu partout - dans la porte qui se ferme, la personne qui te réclame, les oiseaux qui chantent, et les plantes, et les animaux.

Mère Teresa

Nous devons apprendre à respecter la vie sous toutes ses formes : il ne faut détruire sans raison aucune de ces herbes, aucune de ces fleurs, aucun de ces animaux qui sont tous, eux aussi, des créatures de Dieu.

Théodore Monod

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